Tina Hinssen schraubt Holzbretter an ihr eigenes kleines Haus im Garten;

Et voilà le travail!

On ne trouve que des petits-bourgeois dans les jardins familiaux? Alors la femme de théâtre aux bras tatoués que nous rencontrons s'est sans doute trompée d'endroit. Ou peut-être pas? Une nouvelle génération de locataires afflue dans les petits jardins et leur redonne un peu de fraîcheur. Tina Hinssen, qui construit une petite maison sur sa parcelle de l'association de jardins familiaux Horner Marsch, en est un excellent exemple.

Texte: Sascha Borrée | Photos: Lucas Wahll

Durant quatre ans, Tina Hinssen a vécu ce dont de nombreux citadins rêvent: avoir son propre jardin en plein cœur de Hambourg, dans une arrière-cour du quartier de St-Pauli. Malheureusement, à l’automne 2014, ses propriétaires ont décidé de louer leur jardin à quelqu’un d’autre pour qu’il leur rapporte plus d’argent.

Tina pose les soubassements

Mais elle n’est pas du genre à baisser les bras. Cette régisseuse à la Deutsches Schauspielhaus de Hambourg, qui a 30 techniciens sous sa houlette, avait absolument besoin d’un espace vert. Elle s’est donc mise à la recherche d’un nouveau jardin. La seule solution réaliste lui semblait toutefois très bourgeoise: une parcelle dans un jardin familial. « Je voulais un nouveau jardin, je n’avais donc pas le choix. » Petit problème: Hambourg compte à elle seule 34 000 parcelles pratiquement toutes louées pour une durée indéterminée. Tina a fini par en trouver une complètement inexploitée, sans eau, électricité, ni pavillon dans les jardins familiaux de l’association Horner Marsch. « J’ai dû me contraindre à construire moi-même un pavillon en deux ans. » En effet, les statuts de l’association obligent leurs locataires à avoir une maison de jardin sur leur parcelle.

La méthode essai-erreur

Lorsque Tina a commencé à louer son jardin de 640 mètres carrés à l’automne, il était trop tard pour commencer les travaux. Elle s’est donc d’abord bricolé un petit abri à outils. À l’hiver, elle a dessiné les plans de son pavillon. Une surface au sol de trois mètres sur cinq, un toit en pente assez haut pour une grande alcôve, et une terrasse.

Un verre de vin bien mérité pour bien finir la journée

L’été venu, il a fallu commencer par couler les fondations, car le jardin se transforme souvent en étang durant l’automne. Tina se met au travail: elle détermine leur emplacement à l’aide d’un cordeau de maçon, d’un mètre et d’une équerre. Elle les marque un par un, pose des piquets, les replace, se corrige: « Un bétonneur ferait évidemment un bien meilleur travail que moi. Mais ma méthode fonctionne aussi. Ma foi, j’utilise le système D. »

Ma méthode fonctionne aussi. Ma foi, j'utilise le système D. »

Tina Hinssen

Il s’agit ensuite de creuser les trous pour les fondations, entre 60 à 80 cm de profondeur. Le lendemain, alors qu’elle arrive avec des sacs de béton sur le dos, il pleut à boire debout, et les trous sont remplis d’eau. Pratique! « Il a suffi de verser du béton et du gravier, de remuer, et j’avais presque terminé. » Prochaine étape: Presser les ancrages en acier dans le béton, laisser durcir le tout quelques jours, puis mettre des poteaux de bois dans les ancrages. Elle égalise le tout avec une scie, un niveau à ficelle et des lamelles de bois.

Un jour pour l'ossature et deux autres pour monter la charpente et la couvrir de planches

Aux antipodes d’une maison préfabriquée

Le pavillon s’élève lentement. Dix jours pour les soubassements, un jour pour le revêtement de sol, un jour pour l’ossature et deux autres pour monter la charpente et la couvrir de planches. Au tour des murs. Alors que sa famille se dore la pilule au bord de l’Elbe, Tina passe son temps sur une échelle, une perceuse électrique à la main. Ses rares demandes d’aides se sont avérées infructueuses. Après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Seule, elle scie, visse, martèle et apprécie le calme qui l’entoure. Seuls les autres locataires des jardins avoisinants lui jettent parfois quelques coups d’œil.

Les amis de Tina lui ont donné un bon coup de main

L’un d’entre eux lui demande ce qu’elle fabrique. Quoi, elle construit son propre pavillon? Ne sait-elle pas que l’on peut acheter des pavillons préfabriqués? Tina et les autres locataires du jardin familial: deux mondes radicalement opposés. D’un côté, la femme forte et têtue, passée maître dans l’art de l’improvisation, et de l’autre les petits bourgeois dans leur jardin idyllique strictement régulé. À quoi ressemble un pavillon de jardin convenable? Quand et à quelle fréquence tailler la haie? Comment et sur quelle surface cultiver des fruits et des légumes? Tout est parfaitement explicité dans les statuts de l’association et la loi allemande sur les jardins familiaux.

Les jardins familiaux ont le vent en poupe

La situation de Tina n’a plus rien d’exceptionnel, car les jardins familiaux ont la cote dans les grandes villes allemandes. La génération d’après-guerre quitte ses parcelles, et nombre sont ceux qui se découvrent une envie de verdure. Avoir son propre jardin familial n’est plus un tabou chez les hipsters.

La fenêtre sur pignon est installée
Le revêtement des murs: un long travail mené par tous les temps

Tina passe l’été à construire son pavillon. En septembre, elle n’a pas terminé et doit retourner au théâtre. Elle demande à quelques amis et collègues de lui donner un coup de main. Ils se chargent des derniers petits travaux durant un week-end. Tout est terminé? Presque. L’été prochain, Tina aménagera son pavillon: son alcôve, sa petite cuisine et ses armoires. Et une de ses amies a récemment loué la parcelle d’à côté. Elle aurait elle aussi besoin d’un pavillon. Ainsi le veut le règlement.

Le pavillon est presque terminé

Commenter maintenant

Commenter maintenant

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Votre nom figurera plus tard au-dessus de votre commentaire. Vous avez également la possibilité de choisir un pseudonyme.

* Champ obligatoire